Nord éclair 20.05.2012

La Saint-Piat gymnastique a cent ans.

 

Publié le dimanche 20 mai 2012 dans Nord éclair.

Cet après-midi, la société de gymnastique, la Saint Piat de Seclin, fêtera son centenaire. Mais, n'allez pas demander à son président, Robert Carlier, quel sera le programme des réjouissances. Il préfère ne pas savoir pour mieux contenir son émotion. Mais il se doute que ce sera forcément exceptionnel...

Cet anniversaire symbolique, impossible de ne pas le célébrer. Ce sera « une démonstration de deux heures, mais je n'en sais pas plus, avoue le président sexagénaire. Les organisateurs m'ont dit ainsi qu'à ma femme, secrétaire du club, qu'ils allaient préparer quelque chose, c'est tout. Enfin, j'espère qu'ils n'en feront pas trop parce que je risque d'avoir la larme à l'oeil... » Seclinois de naissance, dont le père, Léon Carlier a assumé huit mandats au service de la ville et dont une salle porte d'ailleurs le nom, rien ne prédisposait le président de l'association, qui dépend de la Fédération sportive et culturelle de France, à en prendre les rênes il y a une dizaine d'années.

« J'ai épousé la gym »

Non pas qu'il n'ait pas été sportif, même s'il n'a jamais pratiqué la gymnastique. Étudiant, il a quand même, gagné le titre de vice-champion de France de cross-country. Mais, c'est Cupidon qui est passé par là. « Il y a trente-sept ans, se souvient-il comme si c'était hier, je me suis marié avec Françoise, la fille de Georges Debyttere, qui était moniteur général et qui fréquentait encore la salle de sports alors qu'il avait 87 ans. Alors, j'ai aussi épousé la gym... » « Ça n'est pas moi qui ait fait la Saint-Piat », enchaîne-t-il aussitôt en sortant le livret, édité en 1937, pour le 25e anniversaire de l'association qui, à la fin juin de cette année-là, était chargée d'organiser le trentième concours régional de gymnastique de l'Union de Flandre placé, notamment, sous la présidence du cardinal Liénart. Un condensé d'histoire comme on l'écrivait à l'époque dans lequel sont évoqués quelques souvenirs de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France ainsi que les débuts de la Saint-Piat. Fondée dès 1910 par l'abbé Florin, vicaire à Seclin, son président d'honneur était Georges Dujardin alors que Théodore Gruson en assurait la présidence. « Ainsi fortement charpentée, tous les rouages de la Société fonctionnant à merveille, les jeunes gens accoururent se faire inscrire et les répétitions furent suivies avec régularité. » Ayant payé un lourd tribut lors de la Première Guerre mondiale, l'association allait renaître, se doter d'une clique et compter jusqu'à une centaine de membres dans les années 1930. Un dynamisme qui ne se dément pas, aujourd'hui encore, puisque la Saint Piat compte environ 120 licenciés qui s'entraînent tous les jours de la semaine dans un espace de la salle Jesse-Owens.

Bien-être et formation

« Ce qu'on pratique chez nous, c'est la gym artistique aux agrès, la plus belle, assure, non sans fierté Robert Carlier. Notre fédération ne vise pas trop l'élite, mais le bien-être et la formation des licenciés parmi lesquels, c'est vrai, il y a 90 filles pour 30 garçons. Eux, ils préfèrent le foot... » Organisé et méthodique, il est aussi premier vice-président du comité départemental, mais se veut, avant tout, très humble : « Au départ, je me suis demandé comment faire, mais je suis tombé sur des bénévoles simples et sympas qui m'entourent et si, un temps, j'ai pu penser que l'association allait disparaître, aujourd'hui, le moral y est au beau fixe. »

Démonstration du centenaire de la Saint Piat, ce dimanche 20, de 15 heures à 17 heures, à la salle Jesse-Owens de Seclin. Entrée gratuite.